lundi 2 janvier 2017

RÉFLEXIONS SPIRITUELLES
Anonyme

À mon mec, l’homme de ma vie
À toutes les femmes

Je remercie mon mari de m’avoir appuyée dans mon projet. Si je nommais tous ceux qui m’ont inspirée, la liste serait longue, alors merci à tous ceux qui ont traversé ma vie et qui ont contribué à faire de moi ce que je suis. Merci aussi à mes lecteurs, sans lecteur un livre est complètement inutile, sans vie.


PRÉFACE

Ma quête spirituelle a commencé à l’adolescence et se poursuit encore aujourd’hui. J’ai écrit ces textes sur plusieurs années. J’ai exploré les grandes religions, mais peu l’hindouisme à part en ce qui concerne le yoga. Pour ce qui est du bouddhisme et de ce que j’en ai compris, je m’attarderai peut-être un jour à écrire sur le sujet. Ce livre relève plus de mon cheminement à travers deux religions : le Christianisme et l’islam. Grâce à ce parcourt, je suis devenue ce que je suis présentement, plus spirituelle que religieuse et c’est devenue une philosophie de vie. Le style varie d’un texte à l’autre, mais vous entendrez ma voix racontant ce que je découvre spirituellement. C’est un peu mon testament spirituel, approchant les 40 ans, même si j’en rédigerai sûrement un autre si je me rends, par la grâce divine, à un âge avancé.  J'écrirai probablement un jour sur le bouddhisme et le judaïsme aussi.


1re partie - MON CODE


Introduction

 Déjà passionnée des religions depuis l’adolescence, j’ai lu le fameux Da Vinci Code. Je me suis mise à lire pléthore de livres afin de mieux comprendre le roman, comme sûrement beaucoup d’autres lecteurs. J’ai tenté d’aborder le sujet d’une façon scientifique, de me documenter sur le sujet et de lire les tentatives des journalistes de décoder ce livre. Rien à faire, on ne peut être objectif face à cet ouvrage traitant de questions d’actualité. Je ne prétends donc pas être objective. Pour en revenir au Da Vinci Code, ce dernier traite, entre autres, de la place des femmes et de la sexualité dans le christianisme, questions qui ne cessent de me hanter depuis mon mariage. J’ai entrepris des cours universitaires en sciences religieuses depuis la parution du roman. J’ai même assisté à une conférence de Pietro Boglioni, professeur à l’Université de Montréal : « Le Code Da Vinci, histoire ou roman ? » Le texte qui suit est ma réponse au roman, ainsi qu’à Pietro Boglioni qui, lors de sa conférence, nous lançait le défi d’écrire notre propre code. Mais il a refusé malheureusement de répondre à une question très importante que je me posais. Je vous fais donc part de mes découvertes.


 Chapitre 1 – D’une présence féminine et du désir

Une nuit de mai 2006, j’ai vécu une expérience spirituelle. Tout me porte, dès lors, à considérer la possibilité d’un côté féminin, énergique et aimant, à la spiritualité. Même si je suis chrétienne, dans ma quête, je me renseigne sur les religions orientales. Pour résumer ce que j’ai appris à ce sujet, le feu du désir est positif dans l’hindouisme. On se souvient du Kama sutra. On évoque aussi l’énergie féminine vue comme une déesse. On nomme cette énergie par le mot shakti. Dans le Bouddhisme, l’absence de désir peut sembler être un nihilisme, mais Bouddha parle plutôt de ne plus avoir de désir/manque. Cela signifie de tendre vers ce qui ne manque jamais, ce qui est au moment présent, ce qui est réel. Le patrimoine juif ne fait pas exception en ce qui a trait au désir ; il n’y a qu’à lire le Cantique des cantiques. Ce livre est un long poème traitant de l’amour d’un roi (Salomon) pour une jeune femme (La Sulamite). On y retrouve également comparaisons avec la nature. Ce poème a été associé, ensuite, par la tradition chrétienne, à l’amour de Dieu pour l’humanité. Ce poème m’a toujours fasciné. Je ne ferai pas une liste exhaustive des religions, mais je peux affirmer que de l’Orient à l’Occident, les traditions religieuses chantent le désir. Ce poème biblique est très important dans ma propre spiritualité.

Dans le cadre de mes recherches, j’ai, bien sûr, touché à la psychanalyse. J’en retiens que le désir est présent de la naissance à la mort et qu’en son absence, l’individu ne peut pas vivre. Le manque vient de l’incapacité à exprimer ce désir qu’on ne peut cerner. Ce que je trouve très beau, c’est que le désir est un espace pour créer. D’ailleurs, ne sommes-nous pas composés d’atomes qui sont énergie et vide. L’espace, ce macrocosme, est lui-même composé de vide et d’étoiles, ces boules d’énergie. Le bouddhisme aussi reconnaît ce vide. De plus, selon une expression connue, une épreuve fait grandir. Ce qui me fait dire que nous gagnerions à apprivoiser nos zones d’ombre, nos blessures et le sentiment de vide qui est en nous. Ainsi nous aurions la possibilité de créer quelque chose de nouveau dans nos vies.


Chapitre 2 : Du désir dans la foi chrétienne

Dans la tradition chrétienne, le désir détient une place importante. La théologie négative, dont on peut trouver des fondements aussi lointains que dans la pensée grecque, prône qu’on ne peut jamais définir l’essence de Dieu. Le désir est une composante essentielle puisque, même si je ne peux le cerner, je désire « dire » Dieu, parler de mon expérience de Dieu. Les mots sont une traduction de mon désir de Dieu. Plusieurs fois dans la Bible on peut voir que l’âme a soif, autant dans l’Ancien que le Nouveau Testament.

Selon la tradition chrétienne, Dieu est Amour et il cherche à être en relation avec nous (ce que les chrétiens oublient souvent). Jésus lui-même nous demande de nous aimer les uns les autres et il fait ainsi de l’amour son seul commandement. Une erreur, très souvent faite chez les chrétiens, est de séparer irrémédiablement éros et agapè. Les deux ne sont jamais complètement séparés. On peut sentir le mouvement de l’amour ! Cela permet aussi de sortir de la culpabilité si souvent présente dans la pensée chrétienne catholique quand il s’agit de sexualité. La sexualité devient ainsi un lieu de rencontre et de découverte de l’amour.

Du côté de la religion chrétienne orthodoxe, il y a ce qu’on appelle le panenthéisme. Un de ses représentants est Grégoire de Palamas. Sa théorie énonce qu’on ne peut connaître Dieu dans son essence, mais qu’on peut le connaître par ses manifestations (même mot que celui d’énergie en grec). Pour vulgariser les choses, il existe une comparaison entre Dieu et le Soleil : on ne peut toucher au soleil, en faire partie, mais on peut sentir les bienfaits de ses rayons sur nous. Selon la science, le monde est constitué d’énergies, d’atomes minuscules, l’énergie se transforme, elle est en mouvance. Et si la manifestation de Dieu était énergie mouvante? Cette union ne serait donc pas un accès à l’essence de Dieu, mais à ses énergies.

Dans la tradition juive, l’Esprit est désigné par le mot féminin « Ruah ». Je tenais à mentionner ce fait intéressant. Dieu est au-delà des dénominations sexuelles et son Esprit aussi. Il englobe tout. On peut le mentionner autant par une image féminine qu’une image masculine. On l’évoque souvent comme une mère ou encore, une colombe. En résumé, la religion chrétienne chante elle aussi le désir. Un désir qui est en lien avec l’amour. Suite à ces découvertes, je propose que l’Esprit d’amour, qui nous anime avec son énergie, puisse être perçu comme étant en mouvement et représenté par une image féminine...


Chapitre 3 : De Marie-Madeleine et du Graal

Au XIIe siècle, l’histoire du Graal est couchée par écrits par Chrétien de Troyes. Et depuis ce jour, le mythe du Graal se poursuit. Il a pris tour à tour plusieurs formes : vase, coupe, bol, pierre, etc. Ce Graal était probablement une version chrétienne d’un mythe celtique, qui l’a alors défini comme la coupe ayant permis de recueillir le sang du Christ à sa crucifixion. Le Da Vinci Code de Dan Brown met en lumière une version moderne du Graal : Marie-Madeleine sauverait ainsi la lignée du sang de Jésus en portant son enfant. Autrement dit, le Graal change de forme au fil du temps et des époques, mais reste un objet inaccessible, à moins d’être pur. Il est exactement la métaphore de la quête de Dieu. Selon mon interprétation, le Graal serait l’amour de Dieu uniquement accessible si on y est ouvert au moment présent. Beaucoup de mystiques ont parlé de ce dernier. On le retrouve dans la culture bouddhiste. Des chrétiens l’évoquent également ; par l’intermédiaire de Thérèse de Lisieux, par exemple, qui a même composé un magnifique poème à ce sujet.

D’un autre point de vue, il est à noter que la coupe et le vase sont des archétypes du féminin depuis très longtemps. On peut en trouver entre autres ces représentations en Grèce antique au travers du mythe de Pandore et bien d’autres. Le Graal pourrait donc être l’archétype du féminin refaisant surface après avoir été trop longtemps bafoué par le système patriarcal qui prévaut depuis de nombreux siècles. Imprégnée de l’Esprit, elle aime. Elle est l’amante, ce qui implique également l’amant. Pourquoi ne pas se lancer dans un partenariat homme-femme au lieu de se faire la guerre ? Je sais que ça peut paraître utopique, mais j’y crois. Pour ce qui est de l’homosexualité, je crois en la même chose : un partenariat entre deux personnes qui s’aiment.

Selon ce que j’en sais, pour ce qui est de Marie-Madeleine, une grande majorité des historiens s’entendent pour dire que la probabilité qu’elle ait été mariée à Jésus et qu’ils aient conçu un enfant est très faible, mais pas nulle. On n’en trouve pour l'instant aucune confirmation. Cependant, ce n’était pas une prostituée. Les évangiles ne la mentionnent jamais comme telle, mais plutôt comme une ardente disciple, voire une apôtre. Tout comme, Marie, la mère de Jésus n’a fort probablement pas été vierge toute sa vie puisqu’on mentionne des frères à Jésus. Je vous invite vous-même à faire votre recherche en vous informant auprès d’historiens.

Beaucoup d’historiens semblent croire que Marie-Madeleine est en fait le fruit d’un mélange entre plusieurs femmes des évangiles, c’est-à-dire, Marie de Béthanie, Marie de Magdala et une femme pécheresse anonyme. En tous cas, on peut dire que Marie-Madeleine prend le pouls des générations, un peu comme ce cher Graal. Les femmes ayant servi à façonner Marie-Madeleine retiennent tout de même mon attention. Marie de Béthanie est aux pieds de Jésus comme une disciple lorsqu’il prêche à Béthanie et elle l’oint de parfum, comme si elle le sacrait roi. Un autre évangile parle d’une pécheresse qui aurait enduit les pieds de Jésus de parfum et l’aurait essuyé avec ses cheveux. Après la mort de Jésus, on retrouve Marie de Magdala, témoin de la résurrection de Jésus. Marie-Madeleine est certainement l’archétype de la femme qui aime, l’amante. Sur une autre note, les trois femmes mentionnées peuvent certainement inspirer les féministes. En tout cas, il me semble évident que les femmes ont joué un rôle important dans la vie de Jésus. Il osait leur parler et leur dispenser son enseignement. C’était peu courant à l’époque et dans cette zone géographique. Aujourd’hui, malgré un débat encore vivant chez beaucoup de fidèles et de théologiens, celui-ci semble lettre morte dans l’Église catholique de Benoît XVI. Ce qui n’est pas le cas, chez les protestants, nettement plus ouverts à la question féminine.

Par ce texte, je prends position en tant que femme. Je m’engage à remettre en place dans ma vie l’archétype de l’amante, celui qui défait l’archétype de la putain et celui de la vierge mère et propose un seul et un sain modèle. Avoir du désir et des relations sexuelles ne fait pas de nous de mauvaises femmes. Et la vie qui peut en découler fait partie d’un processus normal et sain. Tout cela ne nuit en rien à une saine spiritualité, au contraire, cela favorise l’amour. J’ai été témoin dans ma propre famille de propos sexistes et cela m’a beaucoup attristée. Je ne crois donc pas que le féminisme est quelque chose de dépassé. Il reste encore beaucoup de progrès à faire afin de changer notre mentalité, mais cela ne signifie pas la misandrie pour autant.


Conclusion

Un cours qui présentait les principes de la science des religions m’a fait réaliser que nous vivons dans une société dont la valeur ultime est l’économie. Ce qui diffère beaucoup de la mienne qui est l’amour. Une valeur ultime est une valeur vitale, si elle est bafouée, notre monde s’écroule complètement. Il est question de vie ou de mort. Je ne lutte pas contre la société, je perdrais assurément et j’y laisserais ma vie. Je propose simplement de créer un espace où l’amour est possible. Si chacun se laisse interpeller et crée cet espace dans sa vie, il est fort à parier qu’il y aura une petite révolution. Ce serait une révolution sans aucune violence ni lutte, qu’on ne verrait même pas venir. Elle se ferait en douceur et en profondeur.

Pour le Da Vinci Code, c’est un excellent roman basé sur l’ésotérisme et non un livre d’histoire. C’est un appel pertinent à se poser des questions sur la place de la femme et de la sexualité au sein du christianisme. Ce dernier est présentement dirigé par des hommes craignant la sexualité et c’est encore plus visible chez les catholiques. À l’instar de Thérèse de Lisieux, mon code à moi est simple, c’est l’amour ! Cet amour, il faut le recréer à chaque instant que la vie nous donne. Dans un monde où il n’y en a que pour l’argent, je vous invite à être créatifs, à aller au-delà de ce que la société actuelle nous dicte, à faire sauter les barrières de vos préjugés. Pour ma part, au moment d’écrire ces lignes, je viens de terminer mon certificat et je suis toujours heureuse en mariage. L’écriture est une façon que j’ai trouvé de créer. J’ai vécu des choses difficiles comme vivre dans une famille reconstituée qui ne fonctionnait pas bien. J’ai connu aussi la maladie mentale et son lot de préjugés. Maintenant, je laisse un espace pour l’amour et pour créer ma vie. Ceci est le fruit de ma quête, je vous invite, maintenant, à faire vos propres recherches. Je vous lance la balle comme l’a si bien fait Pietro Boglioni lors de sa conférence...


2e Partie - MON BOUT DE CHEMIN

« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’Amour, je ne suis qu’un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. »
-Saint Paul

« L’amour est à réinventer. »
- Arthur Rimbaud, La vierge folle (Une saison en enfer)


Prologue et introduction

« Le drame de mon adolescence perdue
À la recherche de l’amour inconditionnel
À pleurer à chaque jour la haine. »
- Anonyme


Pour vous raconter brièvement mon histoire, je suis née à Alma au lac Saint-Jean d’une mère catholique de nom et d’un père athée. Mes parents ne furent pas longtemps ensemble, mais j’ai eu une belle enfance. J’ai grandi, en grande partie, sur la Rive-Sud (de Montréal), comme dans la chanson de Beau Dommage. En regardant des images de Saints chez mes grands-parents, j’ai souhaité être sainte. Je regardais aussi avec intérêts les robes de mariées dans les revues. C’est bizarre quand je me remémore ces choses. Je ne voyais pas que la vie religieuse des Saints était en contradiction avec le mariage. La plupart des saints canonisés sont des religieux ou des religieuses. Mes grands-parents m’ont offert quelque chose de précieux durant mon enfance : une image de François d’Assise prêchant aux oiseaux avec la prière pour la paix au verso. Cette image me suivra bien longtemps. J’ai eu une adolescence mouvementée avec des troubles psychologiques. Un jour, après m’être chicanée avec ma mère et son conjoint, je me suis retrouvée seule sur le banc d’un parc près de chez moi. C’est au plus profond de mon désespoir d’adolescente que j’ai soudain senti la présence de Dieu dans Sa création. J’ai longtemps mis la faute de mon cœur brisé sur mes parents, mais, en vérité, c’est plutôt moi qui me suis laissée déranger. Je croyais être au plus bas, mais je n’avais pas encore vu le fond du baril. Je me suis retrouvée à l’hôpital peu après mon mariage. J’étais une vraie loque humaine. J’avais peur de sortir de chez moi. Mon mari a été des plus patients et il est resté avec moi, me montrant ainsi le vrai visage de l’amour. C’est par après que j’ai fait mon certificat en sciences religieuses afin de sortir un peu de la maison.

Cette partie de livre est comme des photos d’enfance spirituelle, elle montre comment j’apprends à marcher. Je suis une enfant qui s’élance avec confiance dans les bras de Dieu, je reconquiers peu à peu ma tête et surtout mon cœur. Mais ce n’est pas par ma propre force, c’est par la grâce de Dieu. Croire, c’est sauter dans l’inconnu. Nous ne pouvons le faire que si l’on a confiance. Ainsi, pour croire pleinement en Dieu, je dois m’élancer avec la confiance d’un enfant qui apprend à marcher, dans l’inconnu qu’est la miséricorde. La grande différence entre un père ou une mère, c’est que Dieu est intangible. Il est d’autant plus difficile, malgré la nécessité de cheminer vers Dieu, car la tête ne le perçoit que de façon abstraite. Elle ne voit pas le chemin et peu bien se tromper. Pour nous rassurer, Jésus a dit qu’il était le chemin, il n’y a donc qu’à le suivre. La question est : quel est ce chemin qu’il nous montre ? Chacun est unique, donc chacun a son credo, sa façon de croire. Seulement nous ne sommes pas seuls, nous sommes la communauté de croyants, la communauté de Saints dès que nous prenons conscience de la grâce de Dieu.


Confiance en la miséricorde divine

 Aujourd’hui j’ai été touchée, par l’histoire d’une jeune femme qui s’est suicidée à cause d’intimidation à l’école. Elle n’en pouvait plus. Elle ne devait plus voir de porte de sortie. C’est triste. J’ai pleuré en lisant cette histoire. J’ai moi-même connu l’intimidation à l’école. J’ai moi-même voulu mettre fin à mes jours. Il faut en parler. Haut et fort. Cela ne peut continuer. C’est pourquoi je veux prier pour les gens suicidaires et ceux qui se sont déjà suicidés, ainsi que leurs familles. Je veux en parler aussi.

Voici deux histoires qu’un jeune homme m’a contées. Après une adolescence mouvementée et une conversion grâce au geste d’amour d’un prêtre, il l’est finalement devenu à son tour. Le geste d’amour de cet homme accueillant a été pour lui l’image de la miséricorde de Dieu. Le jeune prêtre m’a partagé un autre récit, celui d’un autre garçon, mort du sida. Avant son décès, il a eu une belle conversion et il est parti en odeur de sainteté. Et il a été représenté sur une superbe icône de la résurrection. Jésus ressuscité relève Adam et Ève des Enfers. Le jeune homme est là parmi les justes à l’heure de la résurrection. C’est de toute beauté. Il est le symbole de tous les jeunes gens passant par la communauté du Cénacle. Moi-même, dans mon bas-fond, je suis relevée. Il y a donc de l’espoir. Accordons notre volonté à celle de Dieu et ayons confiance en Sa miséricorde divine.


DESCENDRE

C’est comme si je descendais une échelle de cordage
 Au plus bas, dans la noirceur de mon désespoir
Alors qu’il ne me reste qu’à me pendre
Je vois une lueur d’espoir
Dieu défait le nœud qui m’entrave et m’empêche d’aimer
Ainsi, je me lance dans l’inconnu de la miséricorde Dieu me relève
Je suis restaurée
J’aime
Je suis aimée
Je vis


UN VENT DE FOLIE

Un vent de folie est entré dans ma vie
C’est un vent qui vire tout sens dessus dessous
Je ne sais pas d’où il vient ni où il veut guider ma barque
Il est chaud, voire brûlant
Et je ne peux y goûter qu’en ce moment
Il se renouvelle à chaque instant
Ce vent a un parfum délicieux
Celui de l’abandon
L’avez-vous deviné ?
Il se nomme Miséricorde !


De la création ou de l’écologie

Un passage d’une lettre de Saint Paul (Rm 8, 22-23) me ramène au constat que je souffre et que la création entière souffre présentement. Comment penser autrement dans le monde d’aujourd’hui ? La terre est polluée par nous. À cause de notre souffrance, nous avons créé un monde de surconsommation. La terre souffre maintenant. Je ne passerai donc pas sous silence que notre gouvernement canadien sous le premier ministre Stephen Harper se soit retiré de Kyoto. Il est urgent de se convertir intérieurement et c’est certain que cela aura une influence en dehors de nos frontières, sur la création entière. Sur moi également.


L’instant présent et le début de l’enfance spirituelle

Je veux me centrer sur l’essentiel, c’est-à-dire, ma relation à Dieu. Un adage que j’aime bien est de lâcher prise et de s’en remettre à Dieu. C’est tellement simple et vrai que beaucoup de gens ne comprennent pas Sa profondeur véritable. J'ai compris un jour qu'il s'agissait de confier sa vie à Dieu, lui confier nos parts de noirceur. J’ai découvert que j’avais fait ça toute une semaine. Je me sentais beaucoup mieux. On ne peut pas contrôler tout dans notre vie. On a beau tout planifier, il arrive toujours des imprévus. Si je Lui confie ma vie, je ne serai pas déçue, parce que je saurai que je n’ai pas le contrôle. Il a le contrôle et veille à ce que je grandisse à travers les événements. Je n’essaierai pas non plus d’être ailleurs et d’esquiver le moment présent.

Un autre adage dit « un jour à la fois ». Je dirais plutôt qu’il s’agit de vivre un instant à la fois, un peu comme une petite sainte, comme Thérèse de Lisieux, qui disait de ses souffrances, qu’elle ne les voulait que pour aujourd’hui. Elle est décédée dans la vingtaine d’une tuberculose au couvent des Carmélites à Lisieux en France. C’était au XIXe siècle et aujourd’hui encore elle est surnommée « la plus grande Sainte des temps modernes ». J’ai rencontré, pour la première fois, la « petite » Thérèse au début de l’âge adulte, alors que j’envisageais la vie religieuse. Ses écrits ont été comme une bouffée d’air frais venant de Dieu. Il est à noter que le bouddhisme, lui aussi, parle de vivre le moment présent. C’est absolument grandiose quand on en prend conscience. Je ne suis pas encore experte en cela. Je me perds souvent dans mes pensées au sujet du passé et du futur, mais je sais de mieux en mieux revenir à l’instant présent. Je vous invite à essayer un instant à la fois.


LES MAINS VIDES

Je ferais une belle petite vieille Sage et un peu fofolle à la fois
Mais peu importe l’heure de ma mort
Je veux paraître devant mon Dieu
Les mains vides
L’univers n’est-il pas fait de vide et d’étoiles
J’aurai les mains vides pour l’accolade éternelle
Vides, car je n’aurai rien fait qui mérite récompense
Je connais mes limites
Je ne peux rien faire d’autre que d’aimer
J’aurai donc un cœur plein et grand ouvert
Comme un chant d’amour
Je serai aimante
Si même Dieu me reproche mon manque d’amour
Je lui demanderai avec hardiesse et en toute confiance
De me donner son propre cœur
Mais pourquoi ne pas lui demander aujourd’hui
Afin justement d’embrasser cet Éternel aujourd’hui
Paix joie infinie
Présent même dans les petits et gros deuils de la vie


De la maturité

Aujourd’hui, je prends conscience de mon corps. Mes blessures ne peuvent être plus grandes que je ne puisse le supporter. J’ai ma puissance supérieure à l’intérieur de moi, j’ai Dieu. Je suis une adulte accomplie ayant le support de Dieu dans l’instant présent. Il est inutile de penser sans cesse au passé ou de se projeter dans le futur. Actuellement, j’ai la force de faire face à mes blessures, quelles qu’elles soient. Je ne suis plus une petite fille. Je n’ai plus à écouter la voix de mes parents qui me dictent comment vivre ma vie. J’ai la mienne. Je me la réapproprie. Je sens l’effet des émotions dans mon corps, je ne les fuis pas. Je fais taire cette petite voix lancinante qui me dit que je suis une incapable, que je ne fais jamais les choses assez bien. En fait, je me mets face à Dieu dans l’instant présent. Je l’appelle Dieu, mais la sensation dont je parle est sans nom. C’est l’abondance d’une joie calme et paisible. Une lumière intérieure indéfinissable comme décrivent souvent les bouddhistes. 

Dans cet état présent, je suis une parcelle de Dieu tel qu’il se manifeste à travers moi. J’utilise le masculin, mais Dieu n’est pas masculin, je ne suis pas certaine qu’il soit vraiment féminin non plus. Le deux se rejoignent en lui. L’éveil que je connais ces jours-ci est tout simplement incroyable. J’espère pouvoir mettre en pratique ce que je ressens. Je réalise que cette petite voix intérieure qui me détruit et me fait sentir mal, c’est celle que j’entendais petite. J’étais terrorisée de me faire chicaner sans vraiment pourquoi. Les sautes d’humeur de mes parents m’étaient incompréhensibles et insupportables. Ils le sont pour beaucoup d’enfants même si les parents sont les plus attentionnés qui soient. De plus, beaucoup de mes camarades d’école étaient cruels avec moi. Je suis grande maintenant. Je n’ai plus à subir l’instabilité des gens. J’en ai terminé avec la peur. Dehors la peur ! 


Encore de l’enfance spirituelle ou de l’inclusivité

 Aujourd’hui, Dieu m’enseigne à me centrer sur Sa sagesse. Sa sagesse, il L’a révélée aux petits. Thérèse de Lisieux l’a comprise. Elle a perçu la même chose qu’un François d’Assise avait comprise des siècles plus tôt. S’aimer les uns les autres, être un signe de l’amour inconditionnel qu’on ne trouve pleinement qu’en Dieu, cela prime sur toutes les lois du monde. Au risque de m’attirer les foudres des Églises, je l’affirme.

Je peux donner l’exemple de l’Église Catholique rigide avec son droit canon. Comprendre cela, moi- même catholique à l’époque, m’a beaucoup bouleversée. Je sentais que cette Église rejetait beaucoup de gens. L’excommunication des divorcés m’était incompréhensible. Mon mari et moi avons choisi de changer d’Église il y a déjà quelques années au moment où j’écris ces lignes. Elle n’est pas parfaite, mais maintenant, je suis capable de comprendre que les Églises ont aussi une forme de loi comme dans l’Ancien Testament. Toutefois, Dieu nous appelle à l’adorer en Esprit et en Vérité (dans l’Évangile de Jean). Cette vérité est toute simple : aimer les petits, les rejetés. Cela inclut, entre autres, d’aimer les homosexuels, les transsexuels, les divorcés, les pauvres, les femmes qui ont encore un statut inégal face aux hommes, les enfants, les immigrants, les malades, les handicapés, les prisonniers, les personnes suicidaires et surtout, les gens qui ont une autre religion. Tous ces gens ont quelque chose à nous apprendre et ils sont aimés de Dieu. Jésus côtoyait ceux qui étaient rejetés par les gens de son milieu et je ne veux pas l’oublier. Pour moi, redonner à la communauté, c’est aussi accueillir les gens rejetés. J’ai été moi-même un vilain petit canard. Je suis petite du fait de mon syndrome de Turner, je ne peux pas avoir d’enfant comme le demande l’Église catholique et aussi, comme le veut la mentalité populaire. J’ai pris beaucoup de poids. Je ne travaille pas non plus et nous sommes identifiés à notre travail dans la société nord-américaine d’aujourd’hui. Voilà peut-être d’où me vient ma sensibilité. À travers le rejet, la petitesse, on peut apprendre plus facilement. On fait le vide pour que Dieu le remplisse de Son amour inconditionnel.


Des différentes couleurs

J’ai découvert que l’Église est fondée sur les gens qui sont capables de saisir l’enseignement de Dieu. Il se trouve de ces gens dans toutes les Églises, toutes les dénominations religieuses et même chez certains athées. L’Esprit de Dieu est tout simple, il est sans jugement, il n’est qu’amour inconditionnel : c’est esprit d’unité dans la diversité, ce qui rassemble. J’ai conscience de parler vraiment en un autre langage, mais ceux qui peuvent comprendre comprendront. Il suffit pour cela d’avoir le cœur ouvert. Toutefois, j’entends Jésus qui disait que le royaume de Dieu n’est pas de ce monde. C’est malheureusement vrai qu’il est très difficile de le saisir pleinement, mais s’en approcher donne l’impression que des œillères se soulèvent enfin. Dieu est effectivement unique, mais il est aussi d’une diversité infinie, il a d’innombrables visages. Chacun d’entre nous est un de ces visages. Vive le Dieu vivant !


BEAUTÉ

La beauté
C’est relatif
Mon mari me trouve la beauté d’un ange
Pourtant je ne suis qu’humaine
J’ai tout plein de défauts
Vous pouvez vous extasier sur un paysage
Alors que votre voisin préférera la beauté humaine
Ou encore une œuvre d’art
Encore là, certains aiment les portraits d’autres les paysages
Un animal aussi peut être beau
Personnellement, je tente d’accorder de l’attention
À une beauté tout intérieure.


DÉSIR

L’amour est un feu
Le désir est de même
Amour et désir sont liés
Dans mon esprit
Et surtout dans mon corps
Ces deux feux s’alimentent l’un et l’autre
L’amour n’est pas désincarné Il est en mouvement
Il pousse à agir
Dans le monde


La vocation ou l’exaltation

Il m’est arrivé quelque chose d’incroyable. J’étais en attente des résultats d’analyses de prélèvements et je craignais un diagnostic de cancer. J’ai prié. Il m’est venu en tête que s’il s’avérait que j’étais en bonne santé ou que je le redevenais après une maladie grave, je m’impliquerais d’une façon ou d’une autre auprès des gens plus démunis. C’est une chose que j’avais toujours voulu faire. Finalement, les nouvelles furent bonnes.

Mais récemment, lors d’une soirée de prière en groupe, le Seigneur m’a lancé un message des plus clairs. Il s’est exprimé au travers de lectures d’extraits la Bible disant d’aller annoncer au monde entier la bonne nouvelle. Ces extraits disaient que ceux qui prennent soin des plus démunis le font à Jésus lui- même. Cela rejoignait mon questionnement. Dieu me demandait de faire quelque chose. Croyez-le ou non, pendant que je pensais à tout cela, une chanson a été jouée et ses paroles étaient de crier au monde entier que l’amour existe. J’étais toute chamboulée parce que j’avais déjà découvert que Dieu me donnait le charisme d’aimer alors que j’étudiais à l’université. J’ai pris du recul sur ma vie à ce moment-là, car notre professeur nous demandait d’écrire sur notre vie. J’ai découvert qu’à l’instar de la petite Thérèse, ma mission est d’aimer et de me laisser aimer. Cet amour est à réinventer à chaque instant de notre vie. J’ai été troublée. Après un appel à des religieuses, j’ai décidé de m’impliquer dès demain au service des pauvres dans une soupe populaire. 


La vocation (suite)

Je vis une intense période d’éclaircissement spirituel une fois de plus. Je perçois plusieurs notions sous le prisme de l’Amour de Dieu. La justice de Dieu est miséricorde. Jésus l’a prouvé en ne condamnant pas la femme adultère (un récit superbe où transparaît l’Amour de Dieu dans Jean 8, 1- 11). Dieu est aussi réconciliation et guérison. On le voit clairement dans la parabole de l’enfant prodigue (Luc 15, 11- 32). Il est écrit dans la Bible que Dieu est Amour (Jean 4, 8). On peut connaître Dieu si on connaît l’amour. Faire la volonté de Dieu, c’est aimer. Tout le reste est futile, même la vie et la mort. J’ai découvert encore plus clairement ma vocation : chanter les miséricordes de Dieu. Au risque encore de m’attirer les foudres des Églises, je dirais qu’il n’est pas obligatoire d’être chrétien pour être sauvé. Si tu connais l’amour véritable, le trésor enfoui dans ton cœur, peu importe le chemin que tu empruntes, tu connais Dieu, car il t’a montré Son visage. Mais je dois avouer que je suis partiale envers Jésus, qui nous l’a si bien montré. M’inspirant des Psaumes et aussi de Saint François d’Assise, je peux dire que je me languis d’un face à face avec mon Dieu. Il a daigné se montrer en partie à moi et je désire ardemment le revoir. Même à travers les silences et les absences de lumière en mon cœur, je retrouve mon bien-aimé. Dieu est Lumière dans nos ténèbres intérieures, il peut nous éclairer. Tous mes défauts peuvent être illuminés par Dieu, sous le prisme de Son Amour.


La vocation (2e suite)

Je voudrais commencer par vous expliquer l’importance d’avoir une vie intérieure féconde. Jésus a dit quee royaume de Dieu est au dedans de nous (LC 17, 21).   La méthode pour connaître Dieu est de se connaître soi-même.  Ça fait un peu penser à Socrate qui disait sensiblement la même chose.

De ce point de vue, je me rallie à plusieurs grandes spiritualités qui incitent à regarder à l’intérieur de notre cœur. Chez plusieurs chrétiens contemplatifs, cette vérité a su résonner. Je ne sais pas s’il faut nier la transcendance de Dieu pour autant. Cependant, la divinité s’est faite chair en Jésus. Tout comme elle peut le faire en nous aussi, dans nos vies. Peu importe si l’on croit ou non que Jésus est le fils unique de Dieu, le Dieu dans le monde matériel ; là n’est pas le point que je tiens à soulever. Ce qui importe, c’est que nous sommes tous appelés à la sainteté, c’est-à-dire à vivre de Dieu. Nous devons chercher la lampe dans nos cœurs et l’allumer afin d’être des témoins de Dieu dans le monde. Elle est à l’image de la maternité. L’amour de Dieu est fécondité. On garde l’amour de Dieu en nous comme la mère garde l’enfant dans ses entrailles, précieusement.

C’est aussi ce que m’inspire cette phrase d’Isaïe (49, 15, Traduction de la Bible Louis Second) : «Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle allaite ? N’a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l’oubliera, moi je ne t’oublierai point. Voici, je t’ai gravé sur Mes Mains ; tes murs sont toujours devant mes yeux.»

Pour ma part, je ne peux pas avoir d’enfant, c’est pourquoi je veux vous dire que je couve ce livre comme tel. C’est ma façon d’être féconde, de répondre à l’appel de la Genèse. Je ne pense pas adopter non plus. Je pense de plus en plus que ce livre, ces pensées font partie de ma vocation. C’est ma façon de transmettre mon amour et d’aider à allumer la flamme dans le cœur des autres. Je prends également un petit moment pour vous dire que Dieu a une tendresse encore plus grande que celle d’une mère. Ce passage biblique parle aussi de murs, je crois, donc que Dieu sait quels sont les murs que nous frappons.

C’est le temps de l’avent, je veux donc faire un lien avec ce sujet. Une parole m’a été donnée pour me guider en ce temps de préparation à Noël. C’est le « Fiat » (Oui ) de Marie. Elle y explique qu’elle est la servante du Seigneur et qu’elle veut qu’il lui soit fait selon Sa Volonté. Je me sens appelée à faire de même : accorder ma volonté à celle de Dieu. Moi aussi je veux que cette parole modèle ma vie. Noël est un temps de réjouissance en famille, alors je me permets de parler un peu de la famille. Elle est importante, mais, souvent, on a l’impression qu’elle nous étouffe à l’adolescence. En vieillissant, nous nous rendons compte qu’elle a une grande influence sur nous et pas toujours de façon négative. Je vois de plus en plus positivement ma famille depuis que je suis adulte. Je l’aime. Les gens de ma famille ont certainement des défauts, moi aussi j’en ai, et je suis capable d’apprécier leurs qualités. J’accepte aussi ce que j’ai développé de positif en moi grâce à eux, que ce soit en réaction ou par imitation. Noël, c’est donc la venue d’un enfant dans une famille avec tout ce que ça entraîne de bouleversement.


La vocation (3e suite)

Je dois vous conter plusieurs choses. Ces jours-ci, Dieu me parle à travers mes rêves. Il me pointe tous mes défauts, ou plutôt tous mes blocages. Curieusement, je crois que par ce biais, Il me purifie, mais c’est très difficile. Il a pointé, entre autres, ma relation avec ma mère. Je Lui confie tout ça. Je ressens clairement Son Amour miséricordieux. Dieu, pour moi, n’est pas vraiment une personne et tout ce qu’on peut en dire est faible au regard de ce qu’Il est vraiment. On le compare à une personne, car c’est notre unique référence. Le mot Dieu n’est même pas juste, mais c’est le mot le plus proche que j’ai trouvé, je continuerai donc à l’employer.

Dieu dans la Bible est mouvant. Je crois que c’est peut-être pour illustrer les étapes de la vie spirituelle. Dieu est simplement à l’intérieur de nous, il suffit de Lui ouvrir notre cœur. Aujourd’hui, il m’a été donné de prier en groupe, le sujet était le saint frère André. Il m’est alors venu à l’esprit que Dieu travaille à travers les plus petites personnes. Elles sont des instruments. Dieu accomplit tellement de grandes choses à travers eux. C’est magnifique de voir tous ces petits Saints à l’œuvre. Je suis une de ces petites saintes. J’apprends, petit peu par petit peu, à aimer avec un grand A. C’est cette flamme d’amour qui anime les saints. Je veux confier à Dieu le fait que je ne travaille pas. Je veux savoir si Dieu a un plan pour moi à ce sujet. (Plus tard, je découvrirai que c’est l’écriture.) Ce soir, il m’est venu à l’idée d’approcher une fraternité franciscaine œcuménique. J’y ai pensé, car une sœur m’a proposé devenir Associée de sa congrégation. Je ne crois pas que c’est mon chemin. J’ai plutôt un chemin franciscain. Je vais porter ça dans la prière. Note à part, saint François a voulu convertir les musulmans, sauf qu’il est reparti en ayant gagné le respect de ces musulmans sans avoir besoin de les convertir.


La vocation de prophète

J’ai vu, hier, une amie écrivaine. Elle stimule mon écriture. J’ai envie de répondre à ses écrits quand elle parle des femmes. Je connais quelques femmes prophétesses, de saintes femmes qui écrivent ou prêchent leur relation à Dieu. Elles écrivent et prêchent ce qu’elles vivent. Je crois que c’est cela être prophète ! Crier haut et fort que Dieu est Amour, qu’Il nous aime furieusement et, surtout, le vivre au présent.

La santé mentale n’est pas un obstacle à la prophétie. Plusieurs femmes sont prophétesses ; on peut penser aux béguines du Moyen-Âge. Plus près de nous, je pense à Thérèse de Lisieux, docteure de l’Église. Soit dit en passant, Thérèse n’avait pas une santé mentale solide étant enfant. Dieu l’a guérie et elle est devenue une des plus grandes prophétesses pour notre temps. Encore plus près, je pourrais prendre l’exemple de Simone Weil, une grande prophétesse elle aussi. Je pense à Hettie Hillesum ou à Anne Frank chez les Juifs. Je pense évidemment aussi à plusieurs femmes dans les Églises protestantes, dont l’anglicane. Elles sont prêtres, pasteures, prophétesses pour notre temps. Je pense à toi aussi ma chère amie, tu es une superbe femme spirituelle et tu parles sans fausse pudeur de ta relation à Dieu. Beaucoup de femmes veulent être saintes, mais en étant saintes, plusieurs d’elles sont prophétesses. Plusieurs confondent sainteté et perfection. Mon désir le plus cher en écrivant ce journal est d’être prophétesse pour notre temps.


L’allégresse

J’ai renoué avec Marie d’une certaine façon. Une soirée de prière m’a fait comprendre, que selon la Bible, Marie est un exemple parfait, tout comme certains saints, de la manière dont la souffrance peut mener à au don de soi à Dieu et aux autres. La souffrance peut aider à aimer. Dieu emplit notre vide par Son Amour et nous le redonnons aux autres. C’est magnifique, je n’avais jamais saisi cela. Marie traverse des épreuves tout au long de sa vie, mais elle est ouverte à l’Amour de Dieu. Ce qui l’amène, à la mort de Son fils, à devenir Notre Mère à tous. Jésus la guide même sur la croix en la tournant vers ceux qui restent sur terre. Jésus confie sa mère à Jean et Jean à sa mère (Jean 19, 25, 27). Pour les chrétiens cet exemple est magnifique. Marie nous a laissé le magnificat (Luc 1, 46-55), ce brûlant témoignage de la grâce et de la miséricorde de Dieu. Je me mets donc sous le manteau de Notre-Dame- du-Mont-Carmel, celle qui est la guide des carmélites et de tous ceux qui recherchent Dieu au fond de leur cœur. Je me dévoue aussi à elle qui est douleur et pauvreté. Marie est tout cela pour moi. 


La souffrance (suite)

Je réfléchis encore au sujet de la souffrance. Rares sont ceux qui n’ont pas été blessés à un moment de leur vie. Il y a plusieurs exemples de personnes ayant su transcender cette souffrance: Émilie Gamelin (à Montréal au XIXe siècle), Marie et Jésus lui-même. Bouddha est arrivé aussi à transcender la souffrance, mais par ses propres moyens, et je préfère compter sur la grâce divine. On pourrait en nommer encore beaucoup d’autres. Ils sont des modèles pour moi. Quoi dire d’un Jésus demandant à ce que cette coupe s’éloigne de lui, mais qu’en suite il soit fait selon la volonté du Père ? C’est magnifique ! Devant la douleur, les épreuves, la noirceur de ce monde, nous pouvons nous ouvrir et découvrir une lumière. Elle est là parmi la noirceur. C’est elle qui nous porte à changer le monde, à aller vers notre prochain. C’est elle encore qui est là lors d’une réconciliation. Il peut alors y avoir guérison, une guérison du cœur. Cette guérison peut alors tout simplement s’effectuer à l’intérieur de nous.


De l’humilité

Parlons humilité. Je voudrais être humble. Ce n’est pas de se rabaisser, mais accepter les choses telles qu’elles sont dans le moment présent et regarder notre relation à Dieu et notre implication spirituelle, être honnête devant la face de Dieu. J’ai toujours voulu faire plaisir à tout prix. Spécialement à ma mère, mais c’était vide de sens puisqu’elle n’était jamais satisfaite de mon évolution. J’en oubliais mes propres besoins, dont mon besoin de reconnaissance. J’avais tant besoin d’être aimée que je m’humiliais pour faire plaisir. Mais ce n’était pas de l’humilité, c’était de l’humiliation. J’ai essayé de me révolter, mais ça ne m’a pas redonné ma dignité. Ce qui me l’a redonnée c’est d’être moi-même devant Dieu, de ne pas me juger, de ne plus écouter la petite voix en moi qui me disait toujours que je n’étais capable de rien. Pour cela, il a fallu que je m’affranchisse des carcans mentaux dont j’étais prisonnière depuis ma tendre jeunesse.

Maintenant que ces entraves ont volé en éclat, j’y vois beaucoup plus clair. Dieu peut nous aider à nous libérer, mais encore faut-il qu’on le veuille bien et qu’on ose le Lui demander. Si on Lui ouvre la porte, il peut nous être d’un grand secours et d’un grand réconfort. Mes parents m’aiment à leur manière et moi aussi, je les aime comme je le peux. Je récite spécialement les litanies de l’humilité depuis quelques semaines. Je vois très bien mon manque d’humilité justement. Dieu travaille sur moi. J’en suis certaine. J’ai l’impression de brûler. Tout part en poussière. C’est très difficile. Tout ce que je croyais être et vouloir est futile.


Pensée sur l’Anéantissement

Ce que je vis en ce moment porte un nom : anéantissement. J’ai cherché sur internet les mots pour l’exprimer, mais tout ce que j’ai trouvé ce sont des psychanalyses. Alors vive mon projet d’écriture : je m’expose à des analyses qui peuvent être des plus dégradantes. C’est arrivé à plusieurs mystiques depuis Freud. Ainsi soit-il ! Et comme je le mentionnais un peu plus tôt, tout est réduit en cendres : même dans mon lien avec Dieu je peux être jugée, diminuée, analysée, cataloguée. Mon ego en prend un coup. J’ai fait une psychose. Et aux yeux de bien des gens, je ne serai que cela, une malade. Peut- être n’est-ce qu’une lubie de malade, mais je crois fermement que Dieu transparaît souvent à travers des petits riens. Le jugement qui m’importe est celui de Dieu et je n’ai vu en Lui que de la miséricorde.


De profundis ou le monde à l’envers

C’est des profondeurs de sa souffrance, après la perte de son mari et de ses enfants, qu’Émilie Gamelin, se retrouvant sans projet de vie, vit la lumière qui la mena vers les pauvres. Cette histoire m’inspire, tout comme plein d’hommes et de femmes à suivre ses traces. Émilie Gamelin est la fondatrice des Sœurs de la Providence et l’inspiration pour l’œuvre des Associés. J’avais été invitée à me joindre aux Associés, mais j’hésitais à me joindre à cette œuvre catholique romaine.

Son histoire m’incite à vous raconter ce qui se passe dans ma vie ces jours-ci. Dieu me montre un chemin, mais je ne sais pas si j’ai la force de l’emprunter. Il s’agit du chemin de l’imperfection, ou encore la sainteté des pauvres. L’Église (avec un grand É) que désire le cœur de Jésus est une église composée de petits saints ouverts à son amour. Mon cheminement chrétien, contrairement à ce que je croyais, ne me mène pas nécessairement à la pauvreté physique quoiqu’il ne l’exclut pas non plus. 

C’est donc en travaillant dans le bazar d’une église catholique, en voulant aider les pauvres que j’ai trouvé une grâce spéciale. Durant cette période, je suis tombée sur un auteur, André Daigneau, qui m’expliquait les choses clairement. Je me sentais vraiment inutile à aider les autres et spécialement à aider les pauvres. Cela faisait longtemps que j’avais abandonné l’idée de participer à une soupe populaire dans laquelle je travaillais avec des religieuses. J’avais vraiment des idées de grandeur. Je vis un chemin difficile de purification intérieure m’amenant à une pauvreté tout intérieure. Je vois tous mes travers. Je me sens vraiment indigne de tout.

Je croyais qu’il fallait que je m’élève, que je grandisse, guérisse, mais le chemin est tout autre. Il faut que je descende dans les profondeurs. Je me sentais déjà blessée par la vie, petite, un rien du tout ayant peur de tout. Là, je vois en plus tous mes défauts et le livre me dit que c’est justement dans cette incertitude sur moi-même et mes motivations, dans ma pauvreté intérieure, mes névroses que je peux devenir sainte. La sainteté est une grâce donnée aux pauvres. Elle n’est pas réservée à une élite. Elle est accessible à tous. Nous sommes tous des saints ; il s’agit de découvrir notre propre pauvreté. Il faut donc que je descende l’échelle de la sainteté et non que je gravisse une montagne. Voilà ! En plus, je suis vraiment incertaine face à ma vocation maintenant. Ce livre est-il si important ? Je ne sais vraiment pas s’il sera populaire. J’ai l’impression que personne ne le comprendra. Je lui trouve bien peu d’attrait. Il sera donc bien futile s’il ne touche personne. Je suis vraiment inutile, sans travail et remplie de défauts. Je ne sais vraiment pas ce qui m’a pris de vouloir être sainte et prophète, je n’en ai vraiment pas l’étoffe, s’il s’agit d’être parfaite. De plus, mon livre parle bien maladroitement des miséricordes du Seigneur à mon égard. Le pauvre crie afin que Dieu vienne à son aide, et bien c’est cela que je ressens. Je ne suis même plus capable de chanter.

Pourtant, je ressens une joie bien spéciale, une joie qui vient de suivre le chemin des Évangiles. C’est très franciscain. Ne pouvant plus exprimer ce que je ressens, je ne peux que crier faiblement à la miséricorde du Seigneur. J’ai grandement besoin de cette miséricorde de mon Dieu. C’est un chemin que j’emprunte donc bien malgré moi et Dieu me fait sentir qu’il faut que je descende encore plus. Je me sens bien loin pourtant d’un Saint François d’Assise qui était si dépouillé de tout. Saint François se savait faible. Il voyait sûrement ses insuffisances et ses incapacités à aimer. Je ne connais pas de plus grand saint. Je comprends mieux maintenant le titre très évocateur du livre de Christian Bobin à son sujet : Le très bas. Émilie Gamelin a sûrement vécu une décente elle aussi dans les souffrances dues à la perte de sa famille. Elle a connu le dénuement et le vide dans sa vie. Thérèse de Lisieux également avait bien compris qu’il faut être petite et bien basse afin d’attirer les miséricordes du Seigneur. Je me sens un peu comme cela. Je ne sens pas que je respire cette miséricorde que j’aimerais pourtant avoir dans mon cœur et transmettre au prochain tel que je croyais être ma vocation. Je comptais sur ma propre force alors que Dieu me fait clairement sentir mes incapacités. Je comprends que le Magnificat que j’aime tant est le monde à l’envers tel que vu par Dieu : la préférence de Dieu va au pauvre. Les cœurs pauvres sont tout spécialement bénis, comme dans les béatitudes. Je descends de mon piédestal. Je vois bien que mon cœur n’est pas si pauvre, mais plein de suffisance. Il me l’a montré alors que j’écrivais ce livre. Je garde malgré tout une confiance absolue en la miséricorde de Dieu. Je sens l’appel à simplifier toute ma vie. Je sens tout spécialement un appel à simplifier ma prière et le culte que je rends à Dieu. Tout le reste suivra. Je sais maintenant que le mot miséricorde sera mon unique prière, comme un faible cri du cœur. Je ne sais comment parler de la miséricorde de Dieu, alors je resterai désormais muette sur ce sujet. Je ne trouve point les mots justes. Khalil Gibran faisait brillamment dire à son prophète : « J’ai purifié mes lèvres au feu sacré pour parler de l’amour. Mais quand je les ai découvertes, je suis restée sans voix. »


Conclusion

Cette partie de livre m’a pris quelques années à écrire. Il est une goutte d’eau dans l’océan. Je croyais que j’allais changer le monde avec l’Évangile, que j’allais guérir et grandir. Je croyais, autrement dit, que d’enfant j’allais devenir enfin mature spirituellement et même peut-être sainte. C’est plutôt l’Évangile qui m’a transformée, mais elle m’a révélé un monde à l’envers. Et si l’enfance spirituelle était à la fois le début et la fin. Jésus a dit justement qu’il faut être comme des enfants pour entrer dans le royaume de Dieu. L’apocalypse fait dire à Dieu qu’il est l’Alpha et l’Oméga. Il a déjà tout accompli, il suffit d’ouvrir notre cœur à la grâce de Sa miséricorde.


3e Partie - UNE MYSTIQUE MODERNE

Un peu plus sur mon itinéraire...

Je suis pratiquement née catholique. Mes parents m’ont fait baptiser bébé. Cependant j’ai approfondi la question à mon adolescence et j’y ai découvert la merveilleuse tradition mystique et aussi celle de l’érémitisme. J’ai partagé le dernier chapitre : « Mon bout de chemin ». Après mon mariage, je n’étais plus capable d’avoir une foi rigide avec des dogmes. Je peux dire que Dieu m’a dirigée vers le protestantisme. J’ai appris à penser par moi-même. Ç’a été le début de mon aventure. Je ne peux m’empêcher depuis ce temps de penser par moi-même. J’ai découvert peu à peu l’unité de Dieu. J’ai découvert l’islam. Le chemin de la paix intérieure. Le fameux Shalom des juifs ou la paix du Seigneur des chrétiens. Ensuite, j’ai découvert le soufisme. Mes dernières barrières sont tombées. Un pasteur a un jour inclus un poème d’Ibn Arabie, traduit en français par Habib Yammine, dans le culte. Ce poème traduit très bien mon état de pensée :

« Mon cœur est devenu capable
D’accueillir toute forme
Il est pâturage pour gazelles
Et Abbaye pour moines !
Il est temple pour idoles
Et la Ka'ba pour qui en fait le tour
Il est les tables de la Thora
Et aussi les feuillets du Coran !
 La religion que je professe
 Est celle de l’amour
Partout où ses montures se tournent
L’Amour est ma religion et ma foi ! »

Ibn Arabie a déjà vu Dieu à travers une femme. Ce qui était tout à fait nouveau à mes yeux. Peu après la découverte du soufisme, j’ai mis la main sur les livres d’Irshad Manji. La découverte de l’ijtihad m’a confirmée dans mon désir de réfléchir et a augmenté mon intérêt pour l’islam. Je suis aussi féministe, fière d’être femme. C’est donc dans ce contexte que j’écris, afin de partager mes découvertes spirituelles.


Lectionnaire

Pour vous éclairer un peu, je vous donne ici l’essentiel de certains mots que j’ai utilisés dans mon chapitre précédent.

L’érémitisme signifie pour vulgariser la vie d’ermite, « se retirer du monde ». Il y a plusieurs façons de le faire et je cherche toujours la mienne. Le soufisme est la branche plus ésotérique, voire « mystique » de l’islam.

Shebli disait : « Celui qui meurt pour l’amour du monde matériel meurt en hypocrite. Celui qui meurt pour l’amour de l’au-delà meurt en ascète. Mais celui qui meurt pour l’amour de la Vérité meurt en soufi. »

La libération dans la mort nous fait atteindre notre but, l’Unité ou la Vérité. Ma réflexion à ce sujet n’est pas achevée. C’est comme si toute notre vie nous préparait à la mort. Quand on est mystique, c’est un peu ça. Jour après jour, il y a une mort de l’ego qui ne peut se définir en termes de disparition, mais plutôt de transformation. Il y aurait un accomplissement dans la mort, une finalité.


L’ijtihad

L’ijtihad est, pour moi, une liberté de penser par moi-même, de me questionner au sujet de la religion. La spiritualité est simplement un contact avec l’Absolu et la religion, ce que les humains font de cette rencontre.

Bidah serait l’apport d’une nouveauté. Elle est vue plutôt négativement par beaucoup de musulmans quand elle touche l’islam. Ce sont des concepts complexes que je ne maîtrise pas encore. Cependant, j’apprécie beaucoup l’idée d’Irshad Mangi de nous inspirer de ces traditions musulmanes, qui sont devenues depuis très rigides. Cette nouveauté est à présent perçue comme s’opposant à la loi (charia). Durant une période du Moyen-Âge, ces concepts menèrent les musulmans à de grandes innovations et à une grande ouverture d’esprit. Il me semble qu’à présent, il s’agit d’en saisir l’esprit pour le mettre en pratique dans ma vie de tous les jours. Cela n’a rien avoir avec la charia (loi islamique), même si pour certains cette dernière est intouchable. Je ne pense pas changer le monde, mais moi-même par ces concepts. J’ai cette tendance à penser que tout commence en changeant notre propre conception des choses. Je ne serai probablement jamais une Gandhi ni une Irshad Mangi, mais je compte lutter contre l’esprit tribaliste à ma manière et augmenter en moi un esprit inclusif. Tout le monde a besoin d’un sentiment d’appartenance, mais comme tout mystique, j’appartiens à la terre entière.


Un peu de soufisme

Je suis tombée sur trois pensées partagées sur Facebook par des amis. Il s’agit des pensées d’un soufi très accompli, Rûmî : « Sans amour, le monde serait inanimé. La femme est le rayon de la lumière divine. La blessure est l’endroit par lequel la lumière entre en vous. » J’y retrouve mon propre chemin spirituel, que je vous ai brièvement exposé dans mon premier texte. J’ai découvert que ma vocation était l’amour au début de ma vie d’adulte. C’est le centre de tout. J’ai aussi découvert que de mes blessures, de la lumière pouvait resplendir. C’est à cause de mes blessures que j’ai commencé à m’intérioriser un peu plus et j’ai découvert ma vocation d’amour. Mais de plus en plus je vois qu’il est également question d’unité intérieure.


La paix

Al Salaamu Alaykum ! Que la paix soit sur vous ! Une nouvelle année commence. Elle est pleine d’espoir en la nouveauté. Je vous souhaite une très belle année et surtout de la paix. Je termine donc l’année avec un texte pour la nouvelle année qui commence. Je désire évoquer avec vous la paix, une paix à la fois nouvelle et ancienne. Si je me fie à mon expérience spirituelle, la paix commence par l’intérieur. En méditant ou en priant, on trouve un calme intérieur et une unité qui se reflète ensuite à l’extérieur. Cette paix a toujours été, il suffit de s’ouvrir. Elle est là, à portée de main, en vous. C’est tout aussi valable pour moi. Elle est tout à fait accessible. C’est une grande erreur que de la croire éloignée. Un extrait de poème de Kabir, un grand prophète universaliste, effleure bien le sujet : « Ami, je demeure dans ton cœur ; Pourquoi Me chercher ailleurs ? »


L’unité

J’ai exprimé dans mon précédemment paragraphe comment j’en suis venue à la découverte du concept d’unité intérieure. Mais celle-ci ne se fait pas sans conscience de notre état, celui de n’être qu’une parcelle de l’Esprit de Dieu. Voici ce dont j’ai également pris conscience dans mon cheminement. Je vois le monde un peu comme un prisme. La lumière forme un arc-en-ciel à partir d’un prisme. Chaque personne est unique, mais la lumière n’a qu’une source, Dieu. Cela reste une image, mais elle est très évocatrice pour moi. Il est dit dans l’islam qu’il y a 124 000 prophètes. Cela offre une ouverture aux autres religions, un universalisme. La base de l’islam est toutefois l’unité, le Dieu unique. Ce Dieu, dans une théophanie, porte différents noms (99 sont connus d’après l’islam). Mon préféré en passant est assez évidemment le Miséricordieux. Il faut donc retrouver cette unité à l’intérieur de nous et être conscient qu’elle est aussi à l’extérieur. Les mystiques en sont très conscients. L’islam ne doit pas être unique à l’extérieur et ne le pas l’être à l’intérieur. Sinon, cela devient du wahhabisme. L’islam doit chérir sa diversité. Il n’y a pas qu’une seule bonne façon de penser qu’il s’appliquerait à tous. En faisant cela, on priverait l’essence même de l’islam de sa lumière. Le prophète Jésus parlait souvent de la lumière dans ses paraboles, alors à son invitation, soyons lumière ! Salam, la paix !


La paix (suite...)

Je veux vous entretenir un peu d’une sainte personne ayant contribué beaucoup à la paix. Vous pensez sûrement à François d’Assise, le povellero d’Italie qui a béni sa ville d’Assise avant de mourir... C’est vrai, il a fait beaucoup pour l’Italie et de plus, il est mon saint catholique préféré. Mais la personne dont je veux vous parler nous est plus contemporaine. Vous pensez peut-être maintenant à Gandhi. C’est vrai, il a fait beaucoup pour la paix en Inde, dans un passé récent. Mais ce n’est pas de ce saint personnage dont je veux parler.  D'autant plus que récemment son racisme a été mis à jour.  Je parle d’une sainte dame américaine ayant comme eux un grand esprit universaliste, Peace Pilgrim (« Pèlerin pour la Paix »). Elle a foulé plusieurs fois les sols américain et canadien lors de son pèlerinage pacifique. Elle est décédée aussi récemment qu’en 1981. Elle est demeurée active dans son vœu de pèlerinage jusqu’au tragique accident de voiture qui lui a coûté la vie. Elle a commencé sa marche vers 1953. Le nombre de pas qu’elle a fait en faveur de la paix est inimaginable. Le site internet officiel relatant son expérience spirituelle hors du commun est www.peacepilgrim.org. Certains de mes lecteurs la connaissent probablement déjà, mais elle est vraiment incroyable, je vous l’assure. À bientôt ! Shalom !


L’anéantissement (retour sur la partie de livre Mon bout de chemin)

Je ne vous l’ai pas caché, mon expérience spirituelle a été mystique dès les débuts.

Edward Fitzgerald (1809 -1883) a traduit un poème d’Omar Khayyâm dont cet extrait exprime bien l’idée que je veux partager :

« Dans ce jeu auquel Il joue, nous ne sommes que des pions impuissants. Sur cet échiquier de jours et de nuits, ici et là, Il nous déplace, nous crée des difficultés et nous capture par la mort et un à un nous retournons vers la fosse. »

 Ça semble macabre, mais il s’agit de l’état d’anéantissement de l’ego et non de la mort corporelle. Il se retrouve donc autant chez les soufis que chez les mystiques chrétiens. Je m’y suis donc sentie tout à fait à l’aise, car mon expérience restait inchangée. Le plus grand bouleversement a été de prendre conscience que Jésus était un prophète et qu’il y en a eu d’autres.

La foi est la confiance en la grâce de Dieu et je l’ai encore. Jésus ne pouvant contenir Dieu. Ce serait comme dire qu’un homme est grand comme l’univers... Cependant Dieu a mis une parcelle dans notre cœur qui nous donne accès à Lui, par le « rappel ». Les bouddhistes appelleront cet accès « l’Absolu, l’éveil » et les chrétiens, « le mariage mystique ». Jésus parlait souvent de se réveiller...

La « moksha » dans l’hindouisme est la délivrance des réincarnations. Curieusement, même s’il est question de réincarnation dans le bouddhisme et l’hindouisme, l’idée de son affranchissement n’est pas si loin de ce que le christianisme et l’islam mystiques véhiculent. Dans l'hindouisme, il y a quatre voies possibles pour atteindre la moksha : celle qui dit de suivre les actions de la caste à laquelle tu appartiens, celle du renonçant, celle de la dévotion et la plus intellectuelle, par la connaissance. La voie de la dévotion est simplement le fait d’aimer de tout cœur le dieu auquel on se dévoue. Il s’agit souvent des dieux Râma ou Krishna chez les hindouistes.

Nos blocages mènent notre vie. On est conditionnés et soudainement, en un instant, on devient libre, par la prise de conscience de nos réflexes. Personnellement je crois en un Dieu dont on ne doit pas se faire d’image, ou du moins savoir que c’est une image. Je l’expliquerai probablement dans un prochain écrit.

Dans toutes ses traditions, on se rend compte en étudiant un peu que ce « rappel » est quelque chose qui se passe instantanément ou presque. Souvent un peu de préparation par une de des quatre voies mentionnées est nécessaire. Dieu (ou l’Absolu) prépare les cœurs souvent sur plusieurs années. Pourtant, c’est là devant nous, à l’instant présent. C’est que l’être humain a souvent la tête dure et a de la difficulté à lâcher prise sur ce qu’il croit être la vérité. Dieu ne révèle la vérité qu’aux personnes humbles, honnêtes devant lui, acceptant la transmutation. C’est dans ce sens uniquement que dans l’islam, il faut se « soumettre » à Dieu. Ce n’est pas adorer la mort et se rabaisser, voir penser au suicide. Il s’agit de quelque chose de vivifiant et qui n’empoisonne pas l’existence. En fait, en m’intéressant à l’islam, j’y ai trouvé la paix.

Liberté

La liberté n’est pas de faire n’importe quoi, mais de faire la volonté de Dieu Miséricordieux. C’est quelques fois difficile, mais il y a une paix qui s’installe. C’est ce qui me fait connaître la volonté de Dieu. Ce n’est pas un simple bien-être physique. Il y a une différence. Elle se sent de l’intérieur. 


L’individu et l’universel

Voilà un beau sujet qu’une très chère amie m’a proposé. Justement, aujourd’hui je discutais universalisme avec deux autres amies que j’adore et qui devraient se reconnaître. J’ai donc envie d’y réfléchir et de vous exposer ce qui en ressort.

L’individu a besoin de quelque chose de concret pour répondre à son besoin de communication durant son séjour terrestre. Il y a une expérience concrète qui a besoin de mots, de la parole, pour exprimer ce qu’il vit. Il en va de même pour l’expérience spirituelle. Pour l’exprimer, il doit le faire à travers l’image, autrement dit, une symbolique. Beaucoup de mystiques recourent à une poésie riche en symboles et en sonorités.

Il ne faut pas confondre l’expérience avec le symbole, qui est figé, dépourvu de vie et de sens. J’ai l’impression que l’universel découle de ce que l’expérience spirituelle a de semblable d’une personne à l’autre. L’individu doit s’adapter aux changements continuels de son existence, mais il recherchera toujours la stabilité. La vie est un mouvement perpétuel. On peut encore une fois penser au bouddhisme et à impermanence. J’ai l’impression que plusieurs seront surpris en se rendant compte que c’est pareil dans la vie spirituelle. L’absolu n’est pas fixe et n’a rien de stable. De là vient l’universel. De cette expérience partagée par chacun qu’est la vie, qui n’est exprimable qu’en partie. Je me sens donc très universelle, fille d’Adam, comme tous les humains. S’il faut utiliser absolument un « -isme » (ce qui est très occidental), utilisons le mot universalisme.


L’image et les femmes

Je pense ces temps-ci à la Femme dans son ensemble. Qu’est-ce qui rend la femme dépendante de son image ? En occident, la femme semble accepter d’être une image de sexualité et d’être exhibée ainsi. À l’opposé, au Moyen-Orient, dans certains endroits, elle se couvre même le visage. Elle a ainsi une aura de pureté, mais elle n’a plus d’identité. La femme est soit mère, vierge ou putain. Voilà les trois images véhiculées par beaucoup de sociétés dans le monde. Disons que je ne suis pas experte en anthropologie ni en sociologie, mais je ne serais pas étonnée si c’était quelque chose d’universel. J’aimerais beaucoup sortir ces archétypes. Être moi- même. Tout est dans nos têtes. La société nous a tellement modelé selon ses modèles. Je crois qu’il suffit de se tourner vers Dieu. Faire sa volonté. C’est un peu ça le rappel de Dieu, se rappeler ce qu’on est aux yeux de Dieu. Sûrement.


LA PASSANTE

Des profondeurs où je suis
La pureté me semble futile
Ce n’est plus mon idéal
Envolé en fumée Renversé
Ça n’a absolument pas d’importance
Dieue m’a fait comme Elle le veut
Et Sa volonté dans ma vie est mienne
Je ne suis qu’un cri dans le désert
Une onde
Une couleur à travers un prisme
Dieue me donne le sens qu’Elle veut bien me donner
Ce n’est pas indifférence
Je ne suis pas insensible à la souffrance
Mais c plutôt de la confiance
Et une remise à ma juste place
Devant Dieue


Simplement

Ma réflexion se porte ces jours-ci sur le concept de simplicité. Je simplifie ma vie de plus en plus. Je l’ai appliqué dans ma manière de vivre le culte que je rends au Dieu unique, en ayant une relation directe avec Lui. J’ai même simplifié l’idée que je me fais de Dieu en annihilant Son image. Je ne veux pas figer ce qu’il est. Ce ne sont que des idées et le Dieu est plus que ça. Il est mouvant. Je creuse trop les choses. J’ai envie de repos. Les choses ne sont pas toujours compliquées. Je veux voir les choses telles qu’elles sont. Je suis plus alerte aussi sur ma consommation. Je consomme moins et mieux. Je ne sais pas si on peut atteindre « la simplicité », mais on peut sûrement y tendre. Un but de plus dans ma vie.


L’ARBRE DE VIE

Mon arbre de vie a les racines dans les cieux
Je me base sur Dieue
C’est ma force douce
Ma fragilité lâchée lousse
Ma stabilité acquise
Le tronc solide est le lâcher-prise
Les branches sont rivées vers la terre
En intense prière
Et les lumineuses feuilles sont la pluie de félicité
Qui effleure la terre habitée


L’alliance

Le sujet de ce court paragraphe concerne ce que je perçois de l’alliance entre Dieu et l’être humain. Le pacte de l’islam serait un rappel de l’unicité de Dieu. Pour ce qui est de l’alliance entre l’homme et la femme, je citerais les mots de Rûmî : « Quand l’homme et la femme deviennent un, tu (Allah) est cet un... » Vu mon ouverture au mouvement LGBTQA+, je dirais que cela vaut pour toutes les relations confondues, peu importe le genre ou l’orientation.


Les contradictions et les paradoxes

Les maîtres spirituels utilisent souvent des contradictions et des paradoxes, parfois même le blasphème, afin d’éclairer les disciples. La contradiction devient un moyen de saisir le Réel qui est unique. Un bon exemple serait les fameux koans zen. Dans l’islam, spécifiquement au sein du soufisme, on a la tradition du shath. Le célèbre soufi Hallaj est même allé jusqu’à dire qu’il était la Vérité, qui est également un nom d’Allah. Ce qui lui a valu une condamnation à mort. Son moi était tellement anéanti qu’il laissait Allah parler à travers lui. Si on se fie à la Bible chrétienne, Jésus aurait utilisé cette méthode dans certaines de ses paraboles, dont celle du bon samaritain. Le samaritain est quelqu’un d’exclu du peuple Juif et c’est ce samaritain qui serait à même de porter une aide au blessé et non les docteurs de la loi juive. Ce qui semble être un blasphème. Il aurait aussi promis le Royaume à une femme de « mauvaise vie », qui lui démontrait beaucoup d’amour en parfumant ses pieds. Ça devait scandaliser les gens autour de lui. C’est en prenant conscience de nos propres contradictions qu’on peut se rapprocher de l’Absolu.


La politique

Voici quelques mots sur un sujet très difficile : la politique. Je m’en suis désintéressée pendant longtemps. Je voulais me faire ermite, me couper du monde. Je me suis rendu compte qu’on ne peut se couper complètement du monde, c’est très compliqué. Et la politique fait partie de la vie humaine. Le pouvoir corrompt souvent. On en a été récemment témoin près de chez nous, au Québec. Mais le cœur peut être transformé. Quand on mêle un cœur transformé à la politique, ça donne des Gandhi et des Mandela ! Ça me redonne espoir dans l’humanité et aussi en la politique. Révolutionnons notre cœur et la politique n’en sera que meilleure. Je suis maintenant résolument politisée même si j’aime très peu ce qu’on entend généralement par politique c’est-à-dire la politique de parti.


Plaisir et culpabilité selon les trois religions monothéistes

Maurice Zundel m’a amenée à certaines réflexions. Pour résumer l'idée centrale de ces réflexion, Dieu ne nous demanderait pas de souffrir ou de nous sentir coupables pour rien. Bien sûr, Zundel s’exprime dans le langage chrétien, mais il y a quelque chose de plus grand que ce simple spectre à tirer de ses écrits. Ainsi, Dieu nous voudrait à notre plein potentiel, épanouis. D’un point de vue féminin, l’islam a fait un pas en nous déclarant l’égal de l’homme et en abandonnant cette idée de péché originel qui marquerait tout être humain. Terminé de la Genèse qui fait remercier les hommes juifs de ne pas être nés femmes. Cela a eu de grandes répercussions dans la religion chrétienne qui conserve fermement sa position sur le péché originel, dont la femme serait coupable.

L’humanité n’est pas une tare, mais une expérience nous donnant la chance d’évoluer et de goûter aux plaisirs de la vie. Je pourrais même dire d’en jouir. Certains musulmans ont même décrit le paradis comme une jouissance infinie. C’est pour dire le sentiment de complétude et de bien-être. Je ne veux surtout pas donner raison aux tribunaux pénaux de certains pays à majorité musulmane. Ces tribunaux perpétuent la vieille mentalité tribale selon laquelle la femme vaut moins que l’homme et la vision de la sexualité en général, spécialement celle des femmes, comme quelque chose de mauvais. La mentalité tribale génère un climat de crainte et d’antagonisme, alors que le Dieu nous veut unifiés, en paix. Je dois souligner l’effort de relecture fait dans certains cercles musulmans, juifs et chrétiens.


L’intégrité

Je sens que j’ai besoin d’intégrité. J’ai découvert qu’on ne peut diviser notre être. J’ai besoin d’être moi-même. Je ne veux plus me compartimenter, cacher des parties de mon être. La prière musulmane est un bon exemple en ce qu’elle demande à tout l’être de prier, même physiquement. En résumé je veux trouver en moi ma propre valeur, celle que j’ai aux yeux de Dieu. Je ne veux plus me juger à travers les yeux des autres. Je veux être fidèle à la voie que Dieu a mise en moi. Je vais prendre soin de moi globalement, physique inclus.


Les rêves

Évoquons l’importance de rêver. Je crois que sans rêves, nous ne sommes pas vivants. Quand nos désirs s’éteignent, alors l’être humain s’éteint. J’en ai concrétisé quelques-uns : aller à l’université, me marier et aller à Paris. J’ai une soif d’apprendre. Je sais que je n’en verrai jamais le bout, mais j’aime le chemin parcouru. Me marier était vraiment un rêve d’enfance. Avoir quelqu’un qui me chérit et que je chéris était dans mon cœur. D’un côté encore plus enfantin, la robe de mariée de princesse m’intriguait et je rêvais d’être à mon plus beau. L’ambiance de joie était exemplaire la journée de notre mariage.

Je me suis aussi pétrie de littérature et de culture française durant toute mon adolescence. Visiter Paris était vraiment important pour moi. Je rêve encore de parcourir le monde et de voir de vieux châteaux, des ruines. J’ai encore plein de désirs dont celui de maternité, celui de finir mon baccalauréat et aussi de voir la mer turquoise. J’en concrétiserai quelques-uns sûrement, mais l’important est que j’ai trouvé ma paix. L’unité intérieure que je recherchais. On a besoin d’actions, de désirs à combler, mais aussi de repos, de paix. C’est le dilemme entre Marthe et Marie dans l’Évangile. Je crois qu’on a besoin des deux. Toute action juste vient d’un cœur juste, unifié et en paix. Seul le cœur de l’homme peut entrevoir une parcelle de Dieu.


Prose sur un instant de vie en pensée positive

J’apprends à m’exprimer et à briller. Mon intérieur se dévoile, libéré. Il ne reste qu’un voile ténu et transparent. Je me transforme en arc-en-ciel, en une expansion d’amour universel. Je suis une parcelle de Dieu. Je prends ma sécurité en Dieu et je réalise ma vie.


Halal-O-ween !

Un court texte en ce 31 octobre, veille du mois de novembre, mois des morts chez les chrétiens... J’ai une solide base en christianisme alors je suis imprégnée de cette culture. Je fête donc Halloween avec mon mari qui est chrétien à écouter des films de peur et à manger des friandises. Certains me diront que c’est haram selon ce que dit l’islam, mais je le vois plutôt comme une fête civile et non plus comme une fête païenne où on invoquerait le démon. Ça n’a absolument rien à voir dans la société d’aujourd’hui. Je ne vois donc rien de haram à le fêter et à me remémorer les gens que j’ai aimés qui sont décédés. Chaque culture à sa propre façon de commémorer les défunts. Les musulmans ont la tradition de Laylat ul Bara'ah qui est une nuit où l’on prie pour le pardon de nos péchés, où l’on jeûne et l’on commémore les disparus en visitant leur tombe. Pour moi c’est comme une suite de cette nuit spéciale. En plus je ne me dis pas vraiment musulmane pour le moment, je ne fais qu’explorer. Alors, joyeux Halloween ou halal-o-ween ! Ha ! Ha !


La femme

Je veux parler d’un sujet difficile, la sexualité féminine et de l’image de la femme. J’ai déjà mentionné que la femme est souvent vue comme une vierge, une mère ou une putain. La vierge doit être jeune, sinon c’est mal vu. Une vierge de plus de 25 ans, on va dire qu’elle a assurément un problème. On va la juger. Mais en même temps on met de la pression sur les adolescentes pour qu’elles le soient. C’est drôle parce qu’on juge aussi celles qui ont beaucoup d’expérience. On va dire d’une fille qui a eu beaucoup de relations que c’est une traînée. Il y a une culture de la porno, du viol et de victim blaming qui vont avec cette image. Le rôle de mère me semble un peu plus sain, mais on associe trop facilement la femme à ce rôle. Je ne peux pas avoir d’enfant alors je sens la pression autour de ça. On trouve que j’ai la vie facile sans enfant.  Je trouve simplement que c’est difficile de se conformer à la perfection, à l’image de la femme parfaite.  Et qu’est-ce que la femme parfaite exactement ? On la critiquerait certainement... Je me pose la question s’il est possible de sortir de la pression de ces images de la société. Je n’ai pas encore complètement réussi. Je ne sais pas si je réussirai, mais ça enlève un peu de pression d’en prendre conscience et d’en parler.


Noël

Ce n’est plus un secret que la fête de Noël a un lien avec le paganisme. Au début de la chrétienté, on a cru bon de faire coïncider la fête de la naissance de Jésus avec le solstice d’hiver à partir duquel les jours commencent à rallonger. Aujourd’hui, la fête de Noël est devenue très commerciale. On peut dire qu’entre Dieu et l’argent, la société a choisi l’argent. Certains chrétiens seront étonnés d’apprendre que l’islam parle aussi de la nativité de Jésus, mais en tout autre mot. Probablement que la nativité de Jésus pourrait être une fête musulmane si la date correspondait à la naissance de l’homme et non à celle d’un Dieu. En gros, on peut en faire ce qu’on désire de cette fête qu’on veut souvent familiale. À nous de nous la réapproprier et d’en faire une fête éthique et agréable avec ceux qu’on aime. Bonne fête du Solstice !


L’amour

Bon, je m’étais dit que je ne parlerais plus de l’amour, vu que tant de grands en ont parlé. Comment l’éviter en ce froid mois de février. Pour faire bref, face à l’expérience de l’Amour de Dieu, on reste muet. Les mots sont tellement faibles et inexacts. Je me tais donc, mais je vous propose tout de même de quoi vous réchauffer : le Rubaiyat d’Omar Khayyam ou encore la Parfaite Harmonie d’Ibn Arabie. Ils parleront mieux que moi. Allez les trouver à la bibliothèque ou dans une librairie. Ça vaut la peine.


Le féminisme

C’est un sujet qu’une amie a abordé dans les réseaux sociaux. Je vous donne donc ma réflexion. Déjà, poser la question des rôles, c’est être féministe. Je pense effectivement qu’il y a eu un énorme progrès chez beaucoup de jeunes couples. Pour ma part j’ai choisi finalement une vie à la maison, moins stressante pour moi. J’ai pris du temps à y trouver ma place, mais je me sens bien. Je crois que la vie de couple est avant tout discussion, ouverture, choix et projets communs. J’ai arrêté de vouloir être la perfection féminine. Je me sens juste bien dans ce que je suis et dans les beaux projets artistiques et sociaux que je caresse. C’est ça aussi être féministe. Simplement être la femme qu’on aime être. Pour l’homme se serait de laisser sa femme être simplement comme elle est. Voilà pour moi ce qu’est le féminisme.


La rage de vivre

Je suis née, mais je ne devais pas vivre. Je me suis battue, dès ma naissance. J’ai eu à quelques mois une bronchiolite. Plus tard, comme j’étais plus petite que la norme, je me suis fait intimider à l’école. Je n’avais pas beaucoup d’amis, mais j’avais la rage de vivre. J’ai survécu aussi à la période sombre de l’adolescence. Un peu grâce à une amie qui va se reconnaître. Ma vie était une prison. Reconstituer mon estime de moi a été vraiment un travail de longue haleine qui a duré 10 ans. Je peux dire que je suis heureuse aujourd’hui, que je suis une battante. Ma rage de vivre m’a servi à quelque chose, j’ai survécu. J’ai pu me revirer de bord et continuer assez souvent. Aujourd’hui ce n’est plus une rage, c’est une étincelle dans les yeux. J’ai un goût pour la vie, mais paisible. 


Féminisme (suite...)

Je vous transmet une prière d’une recluse chrétienne du Moyen-Âge qui me fait réfléchir beaucoup.

Dieu maternel, tu m’as fait naître au clair matin de ce monde. Créateur, source de tout ce qui respire, tu es ma pluie, mon vent, mon soleil. Christ maternel, tu as pris ma condition, m’offrant pour ma paix ton corps même, nourriture de lumière, pain de vie nouvelle et vin d’amour. Esprit maternel qui me nourrit, tiens-moi ferme dans les bras de ta patience, afin que je m’enracine dans la foi et que je grandisse jusqu’à ce que j’éclose, jusqu’à ce que je connaisse.

− Julienne de Norwich


Ma version de la prière de Jésus (Notre Père)

Notre Mère qui êtes aux cieux
Que votre nom soit sanctifié
Que votre règne vienne
Que votre volonté soit faite sur la terre
Comme au ciel
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
Pardonne plus nos offenses
Comme nous pardonnons aussi ceux qui nous ont offensés
Soutiens-nous lors de la tentation
Et délivre-nous du mal

Amen


La nature, les archétypes et le féminisme

Je vois Dieu dans la nature et le cosmos. On peut en cerner quelque chose. Même si on ne peut tout à fait le cerner, Dieu est la nature et le cosmos finalement. Je comprends ça comme un panenthéisme. J’utiliserais plutôt le nom Dieue ; j’essaie d’employer le e parce que pour moi Elle est plus près d’une mère et que mes études m’ont aussi menée à étudier le féminisme. C’est aussi un clin d’œil à une professeure d’université, Denise Couture. Un voile semble cacher le mystère de Dieue. La première expérience humaine de Dieue est dans cette nature à la fois douce et féroce. Ses côtés sont à la fois virils et doux. Elle est à la fois homme et femme ; reine et roi. Un peu comme le furent Menen (impératrice d’Éthiopie) et Tafari (Hailé Sélassié Ier dit Ras Tafari Mekonnen, empereur d’Éthiopie) qui incarnent très bien ces archétypes. On peut penser aussi au roi Salomon et la Reine de Saba, à Jésus et Marie-Madeleine. Je retrouve les archétypes des amants. La nature fut pour moi aussi la première expérience divine, seule assise sur un banc de parc. Les archétypes et les mythes me frappent et font sens. La nature nous a faits hommes et femmes. L’homme des cavernes avait assurément découvert quelque chose de la psyché humaine dans les nombreux archétypes. On le voit à travers les premiers essais de l’astrologie qui est une pratique vieille comme le monde.

Je suis féministe ; je ne suis pas que la femme de mon époux. Je suis mois-même et je peux avoir une âme virile de combattante. Je revendique mon côté masculin. Je suis réconcilié avec mon animus. Je suis femme sauvage et sage. Je créer et cela est mon enseignement. La nature et la saine alimentation sont les points importants dans ma vie. C’était important pour moi déjà durant mon adolescence. La libération de l’âme des carcans que la société nous impose est aussi quelque chose qui m’inspire. Prier en esprit et en vérité. Nul besoin d’autres temples que mon corps. L’amour, comme pour Jésus, tend à être au centre de ma vie. J’y trouve ma paix à combattre pour ça et pour la place des femmes aussi. Je retrouve mon attirance pour l’érémitisme et je compte me faire un horaire de vie semi-érémitique. Je compte aussi donner un peu de joie aux sans-abri lors du solstice d’hiver (soit à l’approche de Noël). Je vais leur donner des foulards tricotés et de la nourriture. J'en ferai une tradition pour moi. Quoi qu’il en soit je resterai une poètesse et une créatrice.


Conclusion

Ce que j’ai appris récemment sur la religion et plus spécifiquement sur le soufisme (en écoutant des émissions radio des Racines du Ciel) sera ma conclusion.

Les gens s’entendent sur la vertu, les valeurs universelles. Ce qui pose la question de la limite des choses. De la limite du respect de la liberté d’un individu et de l’autre. Un Dieu qui est à la fois narcissique (mouvement vers lui-même) et empathique (mouvement vers l’autre). Un partage entre les deux. On aime en général ce qui nous cause jouissance, c’est bien ce que dit la psychanalyse. C’est comme une spirale, l’amour serait dynamique. L’amour n’est pas nécessairement voué à s’éteindre ou n’est pas nécessairement uniquement un manque, comme plusieurs le voudraient (psychanalyse). Il ne diminue pas la vitalité, il serait plutôt comme une fontaine de Jouvence. Si l’essence exacte de Dieu et de l’amour ne peut être expliquée, son fonctionnement (mouvement) le peut. Quand on touche à l’amour, on touche à Dieu. On est entre immanence et transcendance. La transcendance étant le lien avec l’altérité. Entre le Dieu qui se miroite et le Dieu qui se donne. Je fais un retour au panenthéisme finalement. Il y a aussi un fruit à l’amour, à l’union, comme dans l’amour conjugal. Thérèse de Lisieux disait que l’abandon est le fruit délicieux de l’amour. Il y a un côté zen, une saine acceptation des choses de la vie. Il faut aller delà de la dualité. C’est l’union ou le mariage mystique chrétien. Ça rappelle vraiment l’amour physique, voire charnel. C’est tout à fait biblique. Celui qui se connaît lui-même connaît Dieu. C’est la rencontre ultime. La connaissance de soi amène la connaissance de Dieu. C’est une union métaphysique et on dit qu’il n’y a jamais vraiment eu de séparation. Ce qu’on retrouve également dans le bouddhisme. Dieu fait partager toute chose à sa divinité. Quelque chose surgit de l’Être, du sacrifice de l’ego, du sacrifice de soi, du sacrifice de Dieu. C’est la créativité. L’amour de Dieu est Sa créativité, c’est en évolution. On peut penser à l’amour maternel qui est un objectif qui transcende la souffrance. Il faut progresser en amour. Apprendre à aimer, travailler sur l’ego pour retrouver l’Être profond. La haine est le seul vrai blasphème. Jésus disait que l’unique blasphème était contre l’Esprit (l’Esprit est-il l’amour en mouvement, comme je disais au début du livre ?) Alors cela expliquerais ses paroles. L’énergie de l’amour est forcément perpétuelle et grandit au lieu de rapetisser. Il faut être patient. Quand on travaille sur soi et fait des efforts, cet amour surgit. Il faut aimer ce qui est aimable et constater les places de manque d’amour.

Comme le disait Huguette Gaulin, on a détruit la beauté du monde. Elle est morte en se mettant le feu en signe de protestation. Dans un monde de haine et d’islamophobie (possiblement annonciateur d’une troisième guerre mondiale), je veux enflammer le monde par la poésie et l’amour. Je suis inspirée par la religion musulmane, surtout dans ma quête féministe et mystique. Le christianisme a aussi marqué ma quête spirituelle.  Je suis résolument moderne dans ma manière d’aborder la spiritualité. L’amour est à la fois transcendant et immanent. Il engendre la créativité. Et au final, on parle encore d’amour. La boucle est bouclée.


POSTFACE
En poésie...

LA POÈTE

Je plonge dans l’inconscient
L’eau primordiale
Onde mouvante
Est un feu
Une onde me traverse

Je suis enflammée d’écrire
Enflammée d’aimer

Je brûlerais sur le bûcher
En sati indienne
En sainte déesse ressuscitée

Ou en Autodafé
Une Jeanne d’Arc
Guerrière fidèle

Une Hugette Gaulin
Parce qu’on a détruit la beauté du monde

Je suis morte d’avoir fait confiance
Morte d’avoir trop aimer
Mais je suis pleinement vivante
Je suis devenue femme sauvage
Une ermite sage

Je laisse ma trace, des signes, des symboles
Je dérange
Je suis révolte
Je suis poète
Une onde me traverse


MA RELIGION
Inspiré d’Ibn Arabie

Si tu me demandes quelle est ma religion
Je te répondrai en musique
Avec mon tam-tam comme mes ancêtres amérindiens
En un hommage de chamanique au grand Esprit
Le son est une onde et vibre
Le monde vibre

Je médite comme les bouddhistes
Je m’éveille au présent et j’aspire à la simplicité
Je crois en la libération et l’éveil de l’âme
Je suis aussi un peu yogi
Parce que les mouvements du corps sont une prière méditative
Préparant l’éveil spirituel

Je suis baha'ie
Je crois que tous les prophètes ont exprimé quelque chose de la divinité
Je crois en la splendeur de la gloire de Dieu et en notre lampe intérieure

Je suis poète-voyante
Une rimbaldienne
Voire une barde celtique (j’ai aussi probablement des racines bretonnes)
Je plonge dans l’imaginaire
Je relie tous les mots et leurs contraires
Je vois et prophétise l’instant présent

Je suis rastafari
Parce que je crois en la libération de tout être humain
Et que Jésus n’était pas blanc
I and I
Dieu est dans toi et dans moi
Je crois en l’alimentation saine 
Le corps est un temple
Je crois vivement en la lutte contre le système
Je crois plus en une philosophie de vie
Ne pouvant être vraiment casée par aucun mot en -isme
C’est en soi politique
Le monde est rendu une vraie Babylone

Enfin, je suis monothéiste
Telle une juive croyant en un seul Dieu
Je suis chrétienne unitarienne
Je crois en une justice d’amour enseignée par Jésus un homme
Telle une sibylle chrétienne une prophétesse
Je porte en moi un hymne d’espoir et d’amour
Telle une mystique soufie
J’explore les tréfonds de mon âme pour faire l’unité en moi
Je suis comme face à un miroir

Ma religion c’est l’amour et la libération de l’homme
Si l’amour transcende le monde
Il peut en faire un peu partie
Donc si on me demande ma religion
Je dirais que je suis de toutes
Mais que je ne cadre dans aucune
Ma foi est plus spirituelle que dogmatique
Ma spiritualité est ouverte sur l’universel
Je suis...


BIBLIOGRAPHIE ET RÉFÉRENCES
dans l'ordre du texte

Dan Brown, The Da Vinci Code, édition originale, éd. Doubleday, 2003 (ISBN 0385504209)

http://saintebible.com/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Perceval_ou_le_Conte_du_Graal

https://fr.wikipedia.org/wiki/Grégoire_Palamas#La_théologie_mystique

http://www.therese-de-lisieux.catholique.fr/Mon-chant-d-aujourd-hui.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Graal

Arthur Rimbaud, Poésies - Une saison en enfer – Illuminations, Édition Gallimard – collection folio classique, 1999 (ISBN-10: 2070409007, ISBN-13: 978-2070409006)


http://cenaclealfortville.blogspot.ca/2016/05/le-groupe-de-charismatique-catholique.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thérèse_de_Lisieux

http://bonlarron.org/le-chemin-de-limperfection

http://wikilivres.ca/wiki/Le_Prophète

https://www.journalsoufi.com/soufisme-accueil/lectures/articles-soufisme/213-qu-est-ce-que-le-soufisme

https://fr.wikipedia.org/wiki/Irshad_Manji

https://fr.pinterest.com/pin/1688918590409550/

http://k00ls.overblog.com/sans-amour-le-monde-serait-inanime

http://lafinefleurduyoga.over-blog.com/pages/Les_poemes_de_Kabir-326790.html

www.peacepilgrim.org

https://www.journalsoufi.com/soufisme-accueil/lectures/dr-alireza-nurbakhsh/425-lexperience-de-laneantissement

http://www.hommes-et-faits.com/Islam/lz_amour_islam.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Zundel

https://www.omarkhayyamnederland.com/downloads/grolleau1917.pdf

Ibn Arabi, L'harmonie parfaite, caligraphie d'Hassan Massoudy, collection les carnets du calligraphe, Éditons Albin Michel, France, 2001 (ISBN-10: 2-226-11987-6, ISBN-13: 9782226119872)

http://www.stpierrepinguet.org/lectures.html

https://www.youtube.com/watch?v=fvayUblD-ZA